Saut d´obstacles cso
L´histoire
Les premiers concours de sauts d´obstacles furent organisés en Irlande par la Dublin Horse Society en 1864, et encore s´agissait-il uniquement d´épreuves de saut en hauteur et de saut en largeur. En France, les premières véritables épreuves de concours hippique eurent lieu vers 1866 à Paris, sur l´initiative de la Société Hippique Francaise (S.H.F.) que présidait le marquis de Mornay. Puis, à partir de 1872, des concours hippiques se déroulèrent en province: à Bordeaux, Nantes, Nancy et Lille. Mais il fallut attendre 1901 pour que le premier événement équestre de saut d´obstacles ait lieu à Paris, au Grand Palais, tout près des Champs-Elysées.
L´introduction du CSO en tant que discipline olympique (réservée aux militaires) a eu lieu en 1912 à Stockholm où un francais s´illustra en remportant le concours individuel: il s´agissait du capitaine Jean Cariou. Petit à petit, de nombreux concours se sont organisés dans toute l´Europe et des élevages spécialisés se sont développés pour améliorer les aptitudes des chevaux à l´obstacle sur une sélection rigoureuse des aptitudes génétiques et sportives (choix des poulinières et des reproducteurs).
Le CSO
Le concours de saut d´obstacles -ou jumping en anglais - est aujourd´hui la discipline des sports équestres la plus pratiquée.
Des Championnats nationaux sont programmés annuellement dans tous les pays disposant d´une instance fédérale nationale rattachée à la Fédération Equestre Internationale (F.E.I.). En France, c´est la Fédération Francaise d´Equitation (F.F.E.) qui veille, depuis 1921, sur les sports équestres et les disciplines de compétition.
Au rang des rendez-vous internationaux majeurs, on trouve la Coupe du monde indoor disputée tous les ans, des Championnats continentaux (Européen, Panaméricain, Panarabe, Asiatique) qui ont lieu tous les deux ans et des Championnats du monde organisés tous les quatre ans, en alternance avec les Jeux olympiques. Toujours au niveau international, des compétitions par équipes se disputent chaque année dans les concours de sauts d´obstacles officiels (C.S.I.O.). Elles donnent lieu à un classement mondial par nation dénommé Nations Trophy.
L´équipement du cavalier
En compétition, bombe à trois points, veste de concours, gilet de protection (facultatif), bottes d´équitation, chemise et cravatte simple ou cravate de chasse, pantalon d´équitation de préférence blanc.
L´équipement du cheval
Pour la protection des membres: bandes, guêtres, cloches, protège-boulets.
La martingale à anneaux est autorisée alors que la fixe l´est uniquement pour les cavaliers de 5ème et de 4ème catégorie.
La selle d´obstacle est plus courte, son pommeau est plus découpé. Le siège et les couteaux d´étrivières sont souvent légèrement décalés par rapport à ceux d´une selle mixte afin de permettre au cavalier de rester en équilibre sur des étriers chaussés courts.
Le saut
Pour sauter des obstacles à cheval, mieux vaut d´abord observer comment l´animal les passe seul, de manière à comprendre comment l´aider et surtout ne pas le gêner, lorsqu´il saute monté. L´action du cheval se décompose en cinq phases:
1°) Le cheval se dirige vers l´obstacle en réglant ses foulées pour prendre son appel à une distance égale à celle de la hauteur de l´obstacle. Au cours des dernières foulées d´approche, il se fait plus énergique et commence à baisser l´encolure, en allongeant la tête;
2°) pour prendre son appel, il fléchit ses jarrets qui vont le propulser. Pour les soulager, il jette son balancier vers le haut et relève ses antérieurs;
3°) pendant le planer au dessus de l´obstacle, les postérieurs du cheval demeurent tendus, à la suite de la poussée qu´ils viennet de donner. Le corps du cheval a alors la forme d´un arc;
4°) lors de la réception, le cheval pose un antérieur, puis l´autre avant de redresser son encolure;
5°) à l´atterissage, les postérieurs viennent se poser juste derrière les antérieurs. Son élan jette alors le cheval dans une nouvelle foulée.
Pour aider le cheval à sauter plus haut et mieux, il faut que la cavalière ou le cavalier adopte la position à cheval. En premier lieu, on étrive plus court d´un trou ou deux, afin de mieux fléchir genoux et chevilles, d´en faire les „ressorts" nécessaires pour amortir les chocs des atterissages. Ensuite pour sauter, il convient de pencher le buste en avant afin de laisser toute la liberté d´action à l´arrière-main du cheval et d´être prêt à prendre la position la plus efficace sur l´obstacle.
Enfin, les rênes se tiennent généralement à deux mains, mais plus courtes car, penché en avant, on doit rester au contact en pouvant rendre opportunément la main.
De plus, avec un cheval habitué à sauter des obstacles, trois règles sont à respecter:
-garder son équilibre et le guider sans le gêner;
-le maintenir actif, en donnant des jambes de plus en plus, au cours de l´approche;
-lui laisser toute sa liberté d´encolure, depuis l´appel jusqu´à l´atterrissage.
On guide généralement le cheval vers le milieu de l´obstacle. Lorsqu´il a choisi son point d´appel et s´élance, on se sent projeté vers l´avant. Il faut alors accompagner le mouvement de l´animal, en s´appuyant sur ses talons et en se supportant des genoux et des cuisses. Mais sans se mettre debout sur les étriers, ni se cramponner aux rênes, pas plus que se contracter et se laisser aller en arrière...
Au cours du planer, on demeure penché en avant, en maintenant le poids de son corps sur ses talons.
Au moment de la réception, on reprend contact avec la selle, sans s´appuyer sur l´encolure du cheval et sans laisser partir ses jambes en arrière.
Dès l´atterrissage, on retrouve la position de saut habituelle et on reprend contact avec la bouche du cheval.
La Progression
Le cavalier commence par s´habituer à passer de la position ordinaire -tronc vertical - à celle de saut - buste penché en avant - , à toutes les allures.
Puis, il trotte au-dessus de barres posées au sol de loin en loin, en prenant la position de saut quelques foulées avant chaque barre, pour revenir à la position habituelle, deux ou trois foulées plus loin.
Troisième étape: le cavalier trotte sur une série de barres, placées au sol de telle sorte que le cheval en ait une à passer à chaque foulée. Tout au long de ce trajet, le cavalier demeure en position de saut.
Ensuite, il passe à un premier vrai saut, sur un simpe cavaletti. Celui-ci ne doit pas être important, mais le passer au trot un certain nombre de fois permet d´apprendre à garder son équilibre.
Dès que le cavalier se sent assez assuré, en sautant un cavaletti au trot, on commence à le faire à un galop calme en évitant au maximum de gêner le cheval.
Après avoir passé ces petits obstacles isolés, le cavalier doit travailler les transitions et les changements de direction au galop. Il apprend ensuite à enchaîner plusieurs types d´obstacles ayant des profils différents. Enfin, il réalise des parcours entiers sur des obstacles de plus en plus hauts, multipliant les difficultés techniques dans les enchaînements et les distances.
Le cheval de CSO
Parmi les qualités requises pour un bon cheval de C.S.O., les plus déterminantes sont une bonne réceptivité au travail, une détente énergique, une grande force de propulsion et un respect naturel de l´obstacle. Les chevaux doivent être dotés d´aplombs solides et détenir une bonne faculté de récupération. L´encolure doit être longue et musclée, l´épaule oblique, la poitrine large et la croupe musclée. Certaines races se distinguent plus que d´autres en compétition et les berceaux d´origine des grands jumpers sont plutôt concentrés dans l´Europe du Nord: Allemagne, Hollande et Belgique. Les races les plus prisées en France sont le Selle Francais et l´Anglo-Arabe.
Les Parcours de concours de saut d´obsatcles
Les parcours sont en général composés d´une dizaine d´obstacles libres et mobiles, sur un terrain n´excédant guère 200 mètres par 150 mètres pour le plus grand et le plus illustre, celui d´Aix-la-Chapelle en Allemagne. On distingue les concours en extérieur (outdoor) et en intérieur (indoor).
Il existe toutes sortes d´épreuves dont la plupart trouvent leur place dans les trois catégories principales:
-les épreuves de vitesse dont la plus caractéristique est le parcours de chasse
-les épreuves de puissance, traditionnellement avec un mur
-les épreuves classiques avec le barrage au chronomètre qui est le barème de l´épreuve phare de chaque compétition de saut d´obstacles, c´est-à-dire le Grand Prix.
Toutefois, dans toutes ces épreuves et où qu´elles se déroulent - en extérieur sur un terrain d´herbe ou de sable et à l´intérieur sur un terrain généralement de sable ou de copeaux de bois - les obstacles à franchir sont de deux genres. Il y a:
-les larges comme l´oxer, le spa ou tout obstacle construit sur deux plans au moins;
-les verticaux comme la stationata, la barrière, le mur édifiés sur un seul plan.
Des obstacles naturels, gués, rivières, talus, buttes, fossés parsèment certains parcours et se retrouvent fréquemment dans des épreuves telles que les derbys ou les parcours de chasse.
La physionomie des parcours a beaucoup changé depuis les débuts du concours hippique. De conceptions très naturelles, les difficultés des parcours sont devenues - grâce à l´imagination des chefs de piste - de plus en plus sophistiquées avec une architecture, des couleurs d´obstacles très recherchées, des dessins de parcours originaux et des successions d´obstacles plus rapprochées, à des distances quasi imposées, fixant un nombre précis de foulées du cheval et surtout des temps impartis pour réaliser les parcours, calculés au plus court. Une constante s´impose toutefois dans pratiquement tous les parcours, les combinaisons à une ou deux foulées appelées double et triple en fonction du nombre d´obstacles à sauter.
Pour déjouer tous les pièges des parcours d´obstacles contemporains et notamment pour respecter l´obligation de les exécuter toujours plus rapidement, il faut, pour ne pas commettre d´erreur et parvenir à l´objectif du parcours sans faute, une entente parfaite entre le cavalier et son cheval, basée sur un solide dressage et une réelle complicité. Dans cette discipline, la notion de couple „cheval-cavalier" prévaut. La grande technicité des parcours exige aussi, de la part du cavalier, tact équestre, précision et solidité mentale.
Règles de concours de saut d´obstacles
Elles varient d´un pays à l´autre même si chaque pays essaie de se rapprocher le plus possible des concours internationaux.
1. Le parcours de concours de saut d´obstacles se déroule sur une piste dont les dimensions et la nature (sable, herbe, sciure etc) doivent être indiquées dans le programme. La piste se doit d´être délimité par une barrière ou une lice et comporter une entrée qui se ferme dès qu´un cheval commence a effectuer son parcours. Les obstacles sont mobiles et le sens de franchissement est indiqué par un fanion rouge et blanc. Le sol doit être homogène, plat et le plus horizontal possible.
2. L´organisateur met à la disposition des concurrents un terrain d´échauffement appelé paddock. Ces dimensions doivent être au minimum de 50 x 30 m. En dessous de ces normes, le nombre de chevaux présents simultanément sur le terrain doit être limité. Le nombre de chevaux admis est sous la responsabilité du juge au paddock. Au minimum deux obstacles réglables doivent être placés sur le terrain.
3. Le Président du jury doit être installé dans une tribune indépendante à laquelle le public n´a pas accès, à une hauteur suffisante pour permettre de voir tout le parcours. Les autres membres du jury peuvent être répartis sur ou autour du terrain.
4. En règle générale, deux méthodes sont utilisées pour l´appréciation des parcours: le barême A avec chrono où il faut être sans-faute et le plus rapide ou le barême A sans chrono où il faut être sans-faute sur le premier tour pour accéder au barrage, lui au chrono et le barême C ou „chasse" au chrono, où toute faute est pénalisée en secondes ajoutées.


