Dressage cheval
L´histoire
Les Grecs ont fait considérablement progresser l´art de l´équitation, comme en témoignent chez Xénophon „l´Art équestre" et un traité beaucoup moins connu „Le Maître de cavalerie", dont la rédaction remonte à 2300 ans. Encore aujourd´hui, tous les auteurs modernes reconnaissent la valeur de base et la validité des principes prescrits par Xénophon.
Après l´introduction des étriers venus d´Asie il y quelque 1500 ans, l´équitation accomplit des progrès en Europe.
En 1130 environ, dans le Sud de l´Italie, un groupe d´ecuyers Byzanthins crée une académie d´Equitation: L´École Napolitaine.
Au XVIème siècle, la Renaissance Italienne voit apparaître des Ecoles d´Equitation et des Académies. L´écuyer Federico Grisone relance l´Académie de Naples et rédige en 1550 le traité „Ordinaire du cavalier".
En 1556, un autre Italien, Cesare Fiaschi est l´auteur du „Traité de la manière de bien embrider, manier et ferrer les chevaux".
Ces écuyers s´inspirent largement des écrits de Xénophon recherchant aussi la grâce et la légèreté dans l´équitation mais malheureusement préconisant des procédés usant de tous les moyens de coercition possibles et barbares.
Peu après la publication du livre de Grisone, une Ecole d´équitation est ouverte en Espagne. Cette Ecole espagnole sera en 1572 transférée à Vienne sous l´impulsion des Habsbourg. Les chevaux utilisés, élevés à Lipica prirent rapidement le nom qu´on leur connait aujourd´hui: les Lipizzans.
A partir de 1594, les chevaux espagnols se répandirent dans toute l´Europe et les nouveaux maîtres, tels Pignatelli, élève de Grisone, contribuèrent au développement d´une équitation moins brutale.
Instruit par Pignatelli à Naples, Monsieur de Pluvinel (1556-1605), maître de Louis XIII crée une académie à Paris. Il invente le travail entre deux piliers et l´usage de la chambrière, mais recommande la douceur. Il répertorie les airs relevés et les travaille: ballottade, cabriole, courbette, pesade, ruade. Il énonce cette première vérité: le cheval doit être en avant.
L´histoire de la haute équitation est ensuite étroitement liée à celle des cours et de leurs monarques: elle contribue au prestige de l´Etat, sert le plaisir des princes et des nobles mais pèsent lourdement sur le budget. Les bon chevaux sont rares et les rois se ruinent pour acheter les meilleurs. Par conséquent, en France, Louis XIV et Colbert décident alors de fonder les Haras Nationaux. Avec l´achat de bons étalons et la mise en place d´une structure homogène, leur objectif principal est de créer une cavalerie de bon chevaux sans dépendre d´importations coûteuses. En 1680, Lous XIV crée un manège à Versailles. Francois Robichon de la Guérinière, fondateur de l´Ecole francaise (1688-1751) est breveté écuyer du Roi en 1715. Il s´installe à Paris où il dirige le manège de la rue de Vaugirard. En 1730, il est nommé Maître d´équitation et directeur du Manège royal des Tuileries. Il est l´auteur du livre „Ecole de cavalerie"qu´il écrit entre 1729 et 1731. Ses principes sont aujourd´hui toujours enseignés entre autre à Vienne. Il est le premier à exposer que tous les chevaux ne sont pas capables du même travail et que les exigences doivent être adaptées aux capacités du cheval. Par ailleurs, il est l´inventeur de l´épaule en dedans et du changement de pied au galop.
En 1763, Louis XV choisit le Duc de Choiseul pour réorganiser la Cavalerie Francaise. Une école est ainsi créée à Saumur pour accueillir les officiers de tous les régiments de cavalerie. Ici sont enseignés les principes d´équitation militaire. Cette école fonctionnera jusqu´en 1788 et reprendra ses activités en 1814. Depuis lors, cette institution n´a cessé d´exister. Et à partir de 1830, avec la disparition de l´Ècole de Versailles, Saumur devient la seule école dépositaire de la tradition équestre francaise. Les écuyers optent pour un uniforme noir, qui leur a valu, dès 1898, le nom des „Cadres Noir de Saumur".
Durant cette période décisive pour l'équitation française se sont succédés, côtoyés et souvent affrontés de nombreux écuyers devenus célèbres, tel est le cas du Comte d´Aure (1799-1863) qui fut reconnu pour avoir libéré l´équitation francaises des restrictions de l´étiquette de cour mais fut également associé à des démêlés avec son rival, Francois Baucher
Alexis L'Hotte (1825-1904) fut élève et ami de Baucher et de d'Aure. Il consacra sa vie à rationaliser l'équitation et à synthétiser l'oeuvre de ses maîtres. Un de ses apports les plus marquants est d'avoir introduit le trot enlevé dans le travail d'école. Devenu écuyer en chef à Saumur, il participe avec le manège au premier concours de la Société Hippique Française à Paris en 1866. Il faudra néanmoins attendre 1874, date à laquelle il fût nommé général, pour que ses idées soient définitivement acceptées... Parallèlement à l'évolution française, l'Allemagne se dote elle aussi d'une académie. Dès 1734, Göttingen accueille une école qui devint l'École de Hanovre. Leur équitation deviendra un modèle lors de la mutation de l'équitation militaire en équitation sportive. Leurs élevages deviendront quant à eux progressivement une référence en matière de qualité des chevaux.
Les Anglais se perfectionnent eux aussi, améliorant les races ibériques et arabes. Ils créent ainsi une nouvelle race : le pur-sang anglais. William Cavendish (1592-1676), duc de Newcastle sera le plus célèbre représentant de leur lignée de maîtres d'équitation. Obligé de s'exiler en France, lors de la guerre civile qui éclata en Angleterre en 1645 , il créa un manège à Anvers où il perpétua la haute école. Sa méthode était basée sur la douceur et la psychologie. Ses écrits se retrouvent dans la « Nouvelle méthode et inventions extraordinaires pour dresser les chevaux ».C´est lors de la révolution industrielle que le dressage prend réellement son essor. Passé du rang d'outil au rang de faire-valoir, le cheval représente la classe sociale de son propriétaire. Pur-sangs pour les aristocrates, demi-sangs pour la bourgeoisie, les chevaux sont de plus en plus sélectionnés pour leurs aptitudes sportives. Malheureusement pour eux, leurs cavaliers montent bien souvent uniquement pour défendre leur statut social plutôt que par véritable passion, ce qui cause bien des souffrances dans les écuries.
A la fin du XIX° siècle se développent les premières compétitions de dressage. Cette discipline passera d'ailleurs au rang de discipline olympique dès 1912 à Stockholm.Il s'agit d'un programme simple incluant une épreuve de saut très inspirée de la tradition militaire. Les jeux suivants offrent un niveau plus élevé incluant des figures plus complexes telles que le contre-changement de main au trot et au galop, le changement de pied au temps. Le piaffer et le passage, mouvements classiques de haute école, intégrent les programme des reprises à Los Angeles en 1932.Jusqu'à la seconde guerre mondiale, les militaires dominent les épreuves puis les civils s'imposent. Aujourd'hui, le dressage a conquis un large public, les Etats Unis et le Canada présentent des candidats et les reprises libres en musique, également appelées Kür, apportent à la compétition une dimension artistique très appréciée du public.
L´équipement du cavalier
-les bottes: noires, hautes et rigides afin de maintenir et fixer la jambe. Elles remontent souvent sur l´extérieur du genou pour accentuer la rigidité.
-la cravache de dressage: son usage doit être très modéré. Elle nécessite un apprentissage de la part du cavalier afin de la manipuler correctement lors du travail de précision et du changement de main et également de la part du cheval afin qu´il n´en soit pas effrayé. Sa longueur est de 120 cm. En France, quel que soit le niveau de compétition, la cravache est interdite. Elle est également interdite dans les épreuves internationales.
-les éperons: en métal. Les éperons même à molettes sont autorisées, à condition que celles-ci ne soient pas bloquées mais attention avec leur entretien car un simple grain de sable peut les bloquer.
-la tenue de dressage: le cavalier civil de dressage porte dans les petites reprises une veste bleu foncé ou noir, une culotte blanche ou blanc cassé, la cravatte de chasse ou cravate simple, des gants et une coiffure: la bombe de chasse ou le chapeau melon . A partir du niveau B, la veste est remplacée par un frac (queue-de-pie) qui est toujours sombre. A partir du niveau D, le frac noir ou bleu marine et le haut de forme sous lesquels les cheveux sont courts ou retenus par un filet ou un catogan sont de rigueur, à l´exception de certains corps qui montent en uniforme comme les militaires, les forces de police et les membres et fonctionnaires d´Etablissement Militaires et de Centres Nationaux d´Elevage.
L´équipement du cheval
Lors de concours, la tenue de cheval est dépouillée: bride et selle, toute autre pièce de harnachement, même destinée à protéger le cheval comme les bandages ou guêtres est interdite.
-la selle de dressage : la coupe est droite et le troussequin relevé. L´association d´un siège profond et de longs quartiers place automatiquement le bassin du cavalier dans une bonne position de sorte que son dos est plus soutenu et ses jambes mieux descendues.
-la bride: équipée d´un simple mors de filet et d´un mors de bride avec gourmette et muserolle ordinaire. Dans les reprises de petit niveau, les cavaliers montent en filet simple et les muserolles croisées et allemandes sont autorisées.
La carrière de dressage
Pourtant souvent surnommé „le carré" par les cavaliers, la carrière de dressage est en fait, un rectangle de 20 x 60 m pour le niveau avancé et de 20 x 40 m pour le niveau débutant.
Le cavalier exécute une série de figures libres ou imposées à un endroit précis de la carrière: la reprise. Des lettres sont disposées tout autour de la carrière permettant au cavalier de prendre ses repères afin de déclencher l´exécution des figures à l´allure demandée ou choisie.
La discipline dressage
Le dressage est la discipline équestre qui a pour but de mesurer la qualité de la communication existante entre le cheval et son cavalier. Cette discipline permet au cavalier de pousser sa recherche de complicité avec son cheval jusqu´à l´obtention entre les deux d´une harmonie parfaite. Le but de cette discipline est de donner au spectateur l´impression que le cheval se meut par lui-même avec légèreté, aisance et harmonie.
Les principes fondamentaux du dressage
Depuis des décades, il existe un principe fondamental sur lequel les cavaliers de dressage reposent leur système d´entraînement. Ce concept est composé de six étapes interconnectées entre elles: le rythme, la souplesse, le contact, l´impulsion, la rectitude et le rassembler. Le but de ce principe est que le cheval réponde et accepte parfaitement les aides du cavalier tout en maintenant son plus grand niveau de légèreté et de souplesse.
le rythme:
Il s´agit de la première préoccupation dans l´entraînement de base du cheval. Par exemple, le pas qui est une allure délicate à cause du peu d´impulsion qu´elle comprend ne doit être en aucun gêné par une main trop dure ou un rassember trop précoce. Le cavalier se doit de suivre le mouvement naturel du cheval. Quant au trot, le cheval doit aller franchement de l´avant, de manière détendue en se portant lui-même.
la souplesse:
Cela sous-entend la relaxation et la détente du cheval. Du jeune cheval jusqu´au niveau Grand-Prix, La relaxation mentale et physique du cheval est un aspect primordial dans son entraînement. Le rythme et la souplesse sont deux étapes dépendantes l´une de l´autre car on ne peut pas obtenir un rythme adéquat si le cheval creuse son dos et contractent les muscles de son encolure et de son dos. Pour détendre le cheval, il existe plusieurs exercices de „réchauffement", qui permettent au cheval d´étirer son encolure vers le bas. Mais attention le but est de ne pas laisser le cheval „sur l´avant-main", mais de le laisser graduellement étirer son encolure vers le bas, le nez un peu en avant tout en maintenant un léger contact.
le contact:
Le contact se résume par la connexion établie entre la bouche du cheval et la main du cavalier, au moyen der rênes. Ce contact s´établit avant tout à l´aide des jambes et de l´assiette. En effet, un cheval placé seulement avec la main n´est pas „réel"et ne peut pas engager suffisamment ses postérieurs ce qui est contraire aux objectifs du dressage. Un contact élastique permet au cheval de conserver son équilibre naturel et de se déplacer de facon détendue en avant des aides.
l´impulsion:
Elle résulte de l´énergie dégagée par l´activité des postérieurs. Si le cheval n´a pas d´impulsion, il n´est pas possible de développer et d´obtenir de belles allures cadencées et régulières. Les postérieurs peuvent être activés en variant les tempos et les transitions. Un principe fondamental est qu´un cheval peut avoir de l´impulsion sans être rassemblé mais ne peut jamais être rassemblé sans avoir d´impulsion.
la rectitude:
Tout comme les humains, les chevaux ont un côté où ils se sentent plus à l´aise, soit à droite, soit à gauche. Le cavalier doit entraîner son cheval de manière à compenser cette faiblesse sinon ce dernier ne pourra pas se déplacer de facon équilibrée. En effet, si le cheval dévit ses postérieurs sur une ligne droite ou dans un courbe, il ne peut plus porter correctement de poids sur ses postérieurs et il perd de l´impulsion. L´épaule en dedans est un bon exercice afin d´améliorer la rectitude du cheval car elle l´incite à maintenir activement ses postérieurs.
le rassembler:
Il s´agit d´un état de parfait équilibre résultant d´une flexion très prononcée des hanches, qui entraîne allègement et relèvement de l´avant-main. Le cheval est rond avec des articulations fléchies lui permettant d´entamer n´importe quel mouvement, à tout instant, en toute direction.
Les allures
le pas:
Il s´agit d´une allure marchée et symétrique, à quatre temps égaux. Un bon pas est détendu, cadencé, énergique mais sans précipitation. On ressent distinctement les quatre battues, immanquablement dans le même ordre comme par exemple: postérieur gauche, antérieur gauche, postérieur droit, antérieur droit. Le cavalier doit s´interdire de trop pousser le cheval avec son assiette ou ses jambes, ce qui le déséquilibrerait et casserait le rythme des foulées. Si les battues ne sont pas égales et symétriques, le pas est dit désuni ou rompu. On distingue plusieurs types de pas: rassemblé, moyen, allongé et libre.
-Au pas libre, rênes longues si le cheval est monté, celui-ci étend son dos et se détend. Il est alors autorisé à descendre sa tête vers l´avant et le bas et d´étendre son encolure, sans pour autant tirer en arrachant les rênes des mains du cavalier.
-Au pas rassemblé, le cheval se porte en avant, l´encolure étant relevée et arrondie. Le cheval montre clairement qu´il se soutient de lui-même, un contact moelleux étant maintenu avec la bouche. Les membres postérieurs s´engagent avec un bon jeu des jarrrets. Il y a un succession régulière du poser des membres qui font que l´allure du cheval reste „marchée" et energique. Chaque foulée couvre moins de terrain que le pas moyen du fait que le cheval se soutient clairement et que du coup, chaque articulation fléchit davantage. Le pas rassemblé est plus court que le pas moyen mais il est plus actif.
-Au pas moyen, le cheval est sur la main et se déplace par des foulées élastiques, toujours équidistantes mais plus amples. Les postérieurs viennent dépasser les empreintes des antérieurs: on dit que le cheval se méjuge. Lors des transitions entre son pas normal et un pas moyen, ou vice versa, les aides doivent être renforcées progressivement pour maintenir la cadence et la rectitude du mouvement.
-Au pas allongé, le cheval couvre le plus de terrain possible, sans précipitation et sans changement dans la régularité des foulées. Les sabots postérieurs se posent très nettement en avant des empreintes des sabots antérieurs. Le cavalier accompagne le mouvement du bassin et suit le balancier de l´encolure avec ses mains.
le trot:
En dressage, le travail au trot doit être exécuté „assis" sauf indication contraire dans le texte de la reprise concernée.
Le trot est une allure sautée et symétrique à deux temps par bipèdes diagonaux entrecoupés d´une période de suspension, où aucun membre n´est à l´appui. Il doit toujours être actif et bien cadencé. En dressage, le cheval présente différents trots: rassemblé, de travail, moyen et allongé. Une fois le trot de travail bien maîtrisé, le cavalier peut commencer à demander un allongement des foulées, ce qui a pour effet d´étendre l´ampiltude des foulées sans que la cadence de l´allure s´accélère. Pour cela, le cheval dans l´impulsion doit d´abord être installé dans un bon trot de travail.
-Au trop rassemblé, le cheval se porte en avant, l´encolure étant élevée et arrondie. Les jarrets sont nettement engagés et entretiennent l´énergie de l´impulsion. Le cheval fait des foulées plus courtes que dans les autres trots mais il est plus léger.
-Au trot de travail qui est une allure intermédiaire entre le trot rassemblé et le trot moyen, le cheval se présente dans un bon équilibre. Il se porte en avant avec des foulées égales. Les hanches sont actives ce qui souligne l´importance de l´impulsion venant de l´activité de l´arrière-main.
-Au trot moyen qui est une allure intermédiaire entre le trot de travail et le trot allongé, le cheval se porte franchement en avant. Il allonge modérément ses foulées avec une nette impulsion provenant de l´arrière-main. Le cavalier permet au cheval de placer sa tête un peu plus en avant de la verticale que dans le trot de travail. Les foulées doivent rester régulières et dans son ensemble, le mouvement doit apparaître équilibré et aisé.
-Au trot allongé, le cheval couvre le maximum de terrain. Il allonge ses foulées au maximum grâce à une impulsion puissante et marquée de l´arrière-main, tout en conservant la même cadence. Le chanfrein s´avance légèrement. Beaucoup de cavaliers demandent un allongement sans „rendre" avec la main car ils craignent que le cheval se précipite ou parte au galop. On voit trop d´allongement avec un cheval encapuchonné. Heureusement pour les cavaliers qui font leurs premières armes en dressage, les allongements dans les reprises D se font au trot enlevé car pour le trot allongé, il faut une excellente assiette avec un bassin souple et des jambes descendues, pour garder une bonne fixité des aides et ne pas perturber la cadence et l´équilibre du cheval.
Le galop:
Il s´agit d´une allure sautée, dissymétrique, à trois temps inégaux comprenant une période de suspension. Si le cheval galope de manière équilibrée et cadencée, il semblera léger. A main gauche, les battues se succèdent dans l´ordre: postérieur droit, diagonal droit, antérieur gauche suivi du temps de suspension. A main droite, les battues sont inversées: postérieur gauche, diagonal gauche, antérieur droit suivi du temps de suspension.
Allure plus rapide que le trot, elle exige encore plus d´équilibre. La qualité du galop se mesure par la régularité et de la légéreté des trois temps générées par l´engagement de l´arrière-main.
Les variations du galop sont le galop rassemblé, le galop de travail, le galop moyen et et le galop allongé.
-Au galop rassemblé, le cheval est en parfait équilibre résultant d´une flexion très prononcée des hanches ce qui provoque allègement et relèvement de l´avant-main avec une encolure arrondie. Les foulées sont plus courtes que dans les autres galops mais plus légères. Les aides du cavalier deviennent invisibles accompagnant et soutenant seulement le cheval. Le cheval peut dans cette allure effectuée toutes les figures de dressage.
-Au galop de travail qui est une allure intermédiaire entre le galop rassemblé et le galop moyen, le cheval se présente dans un bon équilibre. Il se porte en avant avec des foulées égales et cadencées. Les hanches sont actives ce qui souligne l´importance de l´impulsion, venant de l´activité de l´arrière-main.
-Au galop moyen qui est une allure intermédiaire entre le galop de travail et le galop allongé, le cheval se porte franchement en avant en conservant son équilibre et en allongeant modérément ses foulées grâce à une nette impulsion provenant de l´arrière-main. Le cavalier permet au cheval de placer sa tête un peu plus en avant de la verticale que dans les deux galops précédents. Ainsi le cheval descend légèrement sa tête et son encolure entraînant un allongement des foulées qui elles, doivent rester régulières.
-Au galop allongé, le cheval allonge ses foulées sans changer de rythme et sans perdre sa légéreté, résultant d´une très grande impulsion venant de l´arrière-main. La main du cavalier accompagne le cheval ce qui permet au cheval de descendre et allonger sa tête sans chercher un point d´appüi sur le mors. Lorsque le cheval allonge ses foulées, le cheval ne doit pas se précipiter: il couvre plus de terrain car l´amplitude de chaque foulée est plus grande, mais la cadence ne change pas.
Les figures simples
les changements de direction: le cheval doit ajuster son incurvation à celle de la ligne qu´il suit tout en restant souple, sans modification d´allure et de rythme. On distingue les figures avec changement de main et les figures sans changement de main.
Les figures avec changement de main comprennent:
-la diagonale: est une des figures les plus courantes. C´est une oblique qui traverse de part et d´autre le manège. Elle commence un peu après le petit côté et se termine un peu avant le petit côté opposé.
-la demi-volte: il s´agit d´un demi-cercle de 4 à 6 m de diamètre suivi d´une oblique permettant au cheval de rejoindre la piste à l´autre main.
-la demi-volte renversée: elle est l´inverse de la demi-volte. Le cheval commence par une oblique et termine par un demi-cercle lui permettant de se retrouver à l´autre main.
-le doubler avec changement de main: il s´agit d´une ligne droite qui s´effectue à partir d´un des côtés du manège soit à partir du grand côté pour doubler dans la largeur, soit du petit côté pour doubler dans la longueur. Cette ligne se termine sur le côté opposé avec changement de main en atteignant le côté opposé.
Les figures sans changement de main comprennent:
-le cercle et la volte: la différence entre les deux est le diamètre. La volte est un petit cercle de 8 ou 10 mètres de diamètre. Au-delà de 10 mètres, on emploie le terme cercle avec indication du diamètre.
-la spirale: c´est un cercle qui se retrécit de plus en plus jusqu´à avoir la taille d´une volte et vice-versa. Cette figure présente un grand intérêt que ce soit pour l´assouplissement du cheval ou pour le perfectionnement des aides du cavalier.
-la serpentine: il s´agit d´un tracé ondulant composé de demi-cercles reliés par une ligne droite. En général, elle s´éxécute dans le sens de la largeur du manège. Les serpentines peuvent comprendre entre 3 et 6 boucles, mais en tenant compte que les serpentines de 4 et 6 boucles entraînent des changements de main.
-le huit de chiffre: cette figure se compose de deux voltes de 10 mètres ou de deux cercles de 20 mètres de diamètre juxtaposés que le cavalier enchaîne à chaque main. La difficulté réside dans l´inversion de l´incurvation entre les deux cercles ou voltes.
-le doubler: cette ligne droite (cf. Ci-dessus) se termine sur le côté opposé sans changement de main.
Les figures (airs) de 2 pistes
Une piste est la ligne droite ou la courbe que dessinent les quatres pieds du cheval lorsqu´il se déplace. On parle de travail d´une piste lorsque les postérieurs suivent la ligne des antérieurs. Ainsi, on doit avoir deux traces parallèles marquées sur le sol.
On parle de travail de deux pistes dès lors que les postérieurs suivent une autre ligne que celle des antérieurs. Le travail de deux pistes a pour cible de:
1)d´assouplir le cheval et ainsi augmenter la liberté des épaules et l´activité de l´arrière-main
2)d´améliorer l´obéissance du cheval aux aides du cavalier
3)de perfectionner la cadence, l´équilibre et l´allure du cheval
On distingue:
-la cession à la jambe: le cheval se déplace latéralement. Il est presque droit avec seulement une légere flexion de l´encolure et de la tête opposée à la direction vers laquelle il marche. En fait, le cheval regarde dans la direction opposée au sens de la marche.
-l´épaule en dedans: il s´agit d´un exercice d´assouplissement visant à faire baisser les hanches et engager les postérieurs, à placer le cheval et à relever l´avant-main. Il s´agit d´obtenir son adhésion mentale et physique avec respect, sans le contraindre par la force. En épaule en dedans, il n´y a pas trop de pli à l´intérieur, la tête reste haute, l´encolure est presque droite, perpendiculaire à l´axe des épaules du cheval qui elles se trouvent en dedans. Le cheval doit rester décontracté et actif tout au long de l´exercice.
-les appuyers: le cheval se déplace latéralement. Il progresse vers l´avant en croisant ses membres. Les buts des appuyers sont l´augmentation de la mobilité et de la disponibilité du cheval, son assouplissement latéral, la mobilisation de ses postérieurs et le renforcement de sa musculature. On distingue les appuyers suivants:
*l´appuyer tête au mur, encore appelé tête au mur ou travers: le cheval est incurvé du côté où il va, la tête vers le mur et les hanches en dedans avec un degré d´obliquité de 30 à 45. Il se pratique au pas, au trot et au galop.
*la croupe au mur ou renvers: c´est le mouvement inverse du travers, les hanches étant cette fois vers le mur.
*l´appuyer: c´est une variante du travers, exécuté sur la diagonale au lieu d´être exécuté sur la première piste. L´avant-main précède légèrement l´arrière-main, l´encolure et la tête sont infléchies dans la direction du mouvement. Les jambes se croisent, celles de l´extérieur passant devant et par-dessus celles de l´intérieur. Le cheval doit garder la même cadence et le même équilibre tout au long du mouvement. Il doit être correctement incurvé et conserver l´impulsion.
Autres points
-l´arrêt: en dressage, le cheval à l´arrêt doit rester attentif, engagé, immobile et droit, d´aplomb sur ses 4 membres, les antérieurs et les postérieurs restant de pair, côte à côte. La nuque doit être le point le plus haut et le chanfrein est légèrement en avant de la verticale. Le cheval doit être prêt à porter en avant à la moindre indication du cavalier. L´arrêt s´obtient par une action correcte et croissante de l´assiette et des jambes du cavalier, permettant au cheval de déplacer son poids sur son arrière-main.
-le reculer: il s´agit d´un mouvement rétrograde et marché. Le cheval déplace ses membres vers l´arrière par bipèdes diagonaux. Un bon reculer dépend d´un arrêt correct. Toute résistance ou défense du cheval à la main, toute déviation de ses hanches ainsi qu´une précipitation dans ses mouvements ou paresse de ses postérieurs ou „trainer" de ses antérieurs sont des fautes graves.
-les transitions: une bonne transition résulte d´un effort de poussée ou de retenue réalisée par l´arrière-main et transmise le long d´un dos élastiquement tendu. Les transitions servent à assouplir le cheval longitudinalement, à le redresser et surtout à lui apprendre à répondre à l´assiette et aux jambes du cavalier.
-le demi-arrêt: résulte d´une action coordonnée et simultanée de l´assiette, des jambes et de la main du cavalier. Il a pour but d´augmenter l´attention du cheval avant d´éxecuter des transitions ou des figures et de le maintenir ainsi en équilibre. Exécuté maladroitement, en force, à contre-temps, le demi-arrêt perturbe et contracte le cheval, entraînant souvent défenses et mouvements de tête.
-le demi-tour: on distingue
*le demi-tour sur les hanches, d´un arrêt à l´autre: le cheval se déplace autour d´un point à un rythme à quatre temps. Le postérieur intérieur reste proche de ce point pendant le déplacement pendant que les antérieurs et le postérieur extérieur se déplacent autour du postérieur intérieur. Celui-ci se lève et et se pose dans son empreinte ou légérement en avant. Une fois le demi-tour fait, le cheval est ramené dans l´axe sans croiser les postérieurs par un mouvement latéral vers l´avant qui précède le second arrêt.
*le demi-tour sur les hanches au pas: ce sont les mêmes critères que ceux cités au-dessus sauf que le cheval ne s´arrête pas avant et après le demi-tour.
-le contre-galop: il s´agit d´un exercice qui améliore l´équilibre et la souplesse du cheval. Par exemple sur un cercle à main droite, le cavalier fait volontairement galoper son cheval sur le pied gauche. Le cheval est placé du côté du pied sur lequel il galope avec un léger pli d´encolure vers le côté extérieur du cercle.
-le changement de pied au galop de „ferme à ferme" est un changement de pied dans lequel le cheval, étant au galop, fait une transition au pas et aprés deux à cinq pas au maximum doit repartir au galop sur l´autre pied.
Les figures (airs) de haut niveau
-le changement de pied en l´air: il s´agit d´un changement de pied exécuté en étroite relation avec le temps de suspension qui suit chaque foulée. En dressage de haut niveau, les chevaux changent de pied par séries, c´est à dire tous les quatre, trois, deux temps et également à chaque foulée de galop (changement au temps). Pour ces séries, le cheval doit être rassemblé et qu´il conserve la cadence et la rectitude ce qui veut dire que le cheval se déplace dans le canal des aides, avec les épaules devant les hanches, sans torsion, avec une impulsion constante.
-la pirouette: elle s´exécute au pas et au galop rassemblé mais aussi au piaffer. L´avant-main du cheval décrit un cercle d´un rayon égal à la longueur du cheval, les hanches en dedans autour de l´arrière-main. Les antérieurs et le postérieur extérieur se déplacent autour du postérieur intérieur. Celui-ci sert de pivot, se lève à chaque foulée et doit se reposer dans son empreinte ou légèrement en avant de celle-ci.
La pirouette au galop est un exercice difficile qui ne peut être abordé qu´avec un cheval déjà très avancé et très rassemblé, ce qui veut dire que les hanches du cheval sont bien engagées et abaissées et présentent un bonne flexion des articulations. L´appréciation de la pirouette idéale est basée sur la souplesse, la cadence, la régularité et la légèreté ainsi que sur sa précision: en effet, 6 à 8 foulées sont désirables pour la pirouette et 3 à 4 pour la demi-pirouette.
-le passage: il s´agit d´un trot stylisé, fortement diagonalisé et très cadencé, avec un temps de suspension très soutenu. Il réclame une impulsion active et généreuse. L´équilibre, la régularité, une flexion prononcée des articulations et la relaxation du cheval sont la marque d´un passage de qualité.
-le piaffer: il s´agit d´un trot sur place diagonalisé, extrêmement rassemblé, cadencé et élevé. C´est un air qui réclame beaucoup d´impulsion. Dans le piaffer idéal:
1) le cheval est très rassemblé engageant fortement ses postérieurs
2) la diagonalisation et la symétrie du geste sont parfaites
3) l´attitude est constante permettant une cadence rigoureuse alliant régularité et énergie
4) la flexion des articulations et l´abaissement des hanches sont prononcés de ce fait, l´avant-main est grandie, avec une encolure élevée et arrondie, la tête étant verticale.
5) le cheval garde un contact moelleux et demeure calme et serein
6) tout en donnant l´impression de rester en place, le cheval doit manifester une ardente disponibilité à se porter en avant aussitôt qu´on le lui demande. Le moindre mouvement rétrograde est une faute grave.
7) le cavalier doit rester d´une discrétion absolue.
En conclusion, un bon piaffer est l´aboutissement d´un long dressage systématiquement conduit. Accompli avec une légèreté absolue, le piaffer est la forme la plus aboutie de l´équilibre équestre.
Quelques définitions
-Ajuster les rênes: Les rênes sont ajustées de telle manière que le cavalier conserve une liaison constante et moelleuse avec la bouche du cheval.
-Aides: moyens dont dispose le cavalier pour donner des ordres à son cheval. Les aides naturelles sont les mains, les jambes, le poids du corps par l´intermédiaire de l´assiette et la voix. Les aides artificielles comprennent la cravache et les éperons.
-Assiette: avoir une bonne assiette veut dire être correctement assis dans la selle. Une bonne assiette permet au cavalier de demeurer maître de son équilibre, en toutes circonstances, quelques soient les réactions du cheval. Elle conditionne la fixité des mains et des jambes ainsi que la possibilité pour le cavalier de faire intervenir ses aides avec aisance et justesse au bon moment.
-Contact: il s´agit du rapport confiant, moelleux et permanent existant entre la bouche du cheval et la main du cavalier. Le contact se fait par l´intermédiaire des rênes, ajustées par le cavalier et tendues par le cheval sous l´effet de l´impulsion.
-Fixité: chez le cheval, la fixité est définie par l´absence de toute agitation en particulier de la tête. Chez le cavalier, il s´agit de l´absence de tout mouvement inutile ou involontaire.
-Impulsion: elle se définit par le désir du cheval de se porter librement en avant. Elle est caractérisée par l´engagement des postérieurs et l´énergie de leur détente. Elle est donc le résultat de l´activité des hanches et son origine réside dans l´arrière-main. La vitesse, en elle-même n´a pas avoir avec l´impulsion.
-légèreté ou cheval léger: il s´agit d´un cheval en parfait équilibre, relaxé, souple, actif et cadencé, qui conserve de lui-même son attitude. La légèreté ne peut être obtenue que progressivement et découle aussi de la justesse des actions du cavalier.
-cheval dans la main: le cheval est en équilibre, l´encolure est soutenue sans raideur, le sommet de la nuque est toujours le point le plus élevé, le chanfrein est légèrement en avant de la verticale. Le cheval décontracte sa bouche en ayant un contact permanent mais moelleux avec la main du cavalier. Le contact doit toujours être une conséquence de l´impulsion du cheval et non d´une action de la main du cavalier.
-main dure: la main agit avec force, à contre-temps, sans nuances, et est incapable de céder. Elle provient très souvent d´un manque d´équilibre et d´une absence de décontraction du cavalier.
-le ramener: se définit par la fermeture de l´angle de la tête fléchie à la deuxième vertébre avec l´encolure, la nuque restant le point le plus haut. Le ramener provient d´un engagement des postérieurs du cheval et de l´impulsion. Quand le chanfrein atteint la verticale, le ramener est dit complet mais s´il se place derrière la verticale alors le cheval n´est plus ramené mais „encapuchonné". En conclusion, le ramener est le résultat de la poussée du corps du cheval vers sa tête et non pas le retrait de sa tête vers son corps.
Les concours de dressage
Ils se basent sur un système d´entraînement progressif qui permet au cheval de passer des reprises de base aux reprises plus avancées.
Les reprises comportent une série de figures et d´allures obligatoires qui vont par ordre croissant de difficultés selon le niveau ce qui permet ainsi de mesurer les progrès du cheval et de son cavalier.
La Fédération équestre internationale (FEI) a publié en 1929 un règlement international qui précise que le dressage doit donner au spectateur l´impression que le cheval se meut par lui-même, avec légèreté, harmonie et aisance.
Pour mesurer le niveau du cavalier et de son cheval ainsi que la qualité de leur communication, la FEI a publié des programmes appelés reprises qui sont des textes donnant l´ordre d´enchainement des figures à exécuter. Plus le niveau est élevé, plus les reprises nécessitent une grande maîtrise technique tant du cheval que du cavalier. Les figures doivent être parfaitement exécutées en des points imposés de la carrière de dressage.
Lors du déroulement de l´épreuve, le cavalier doit d´abord se présenter devant les juges qui selon le niveau de la reprise peuvent être de un à cinq. Ceux-ci évaluent l´aisance, la fluidité et l´harmonie du couple. Chaque figure ou allure est notée de 0 (figure non exécutée) à 10 (exécution parfaite). Des notes d´ensemble sont ajoutées à la fin de la reprise . Toutes ces notes sont inscrites en bas du protocole qui sera remis au concurrent à la fin de l´épreuve.


